Le nombre de femmes occupant des postes de direction dans les principales institutions financières a atteint un niveau record, selon un rapport publié mercredi par le groupe de réflexion OMFIF, malgré un contexte politique moins favorable aux programmes de diversité aux États-Unis.
L’indice annuel de parité hommes-femmes (Gender Balance Index, GBI) montre que les femmes occupent désormais 19% des postes de direction dans les banques centrales et commerciales, ainsi que dans les fonds souverains et de pension, contre 16% un an plus tôt.
S'appuyant sur les données de 335 institutions, l'étude souligne toutefois que les progrès restent insuffisants pour combler l’écart avec les hommes.
Avec un score global de 44 sur 100, l’indice demeure encore loin de la parité. La part des femmes occupant des postes de direction au sens large a légèrement progressé à 33%, mais l’accès aux postes les plus élevés demeure limité.
"Même au rythme d’amélioration observé ces dernières années, il faudrait encore 22 ans pour que le GBI atteigne un score moyen de 100", a déclaré Andrea Correa, l'auteure du rapport, ajoutant que cela pourrait prendre encore plus de temps.
LES BANQUES CENTRALES EN TÊTE
L’Amérique du Nord affiche la progression la plus forte, avec un score porté à 82, malgré les efforts de l’administration du président Donald Trump visant à réduire les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion.
"C'était un peu une surprise", a déclaré Andrea Correa. "Les institutions ont dû faire preuve de plus de prudence dans leurs messages publics (sur l'égalité), mais elles restent engagées en faveur de celle-ci."
Les banques centrales ont enregistré les avancées les plus marquées, avec un record de 35 femmes à leur tête parmi les 185 institutions étudiées. Les fonds souverains ont également progressé, avec 18% de femmes à leur direction générale, leur meilleur niveau en cinq ans.
LE PLAFOND DE VERRE PERSISTANT
Les banques commerciales, en revanche, ont peu progressé, avec seulement sept femmes directrices générales parmi les 50 établissements étudiés. Le nombre de femmes à la tête des fonds de pension a reculé, passant de 12 à 11.
La part globale de femmes occupant des postes exécutifs dans les institutions financières est restée stable, se situant autour de 20%. Le ratio global de "plafond de verre" s’établit à 0,56, indiquant une sous-représentation persistante aux niveaux les plus élevés.
"Il existe toujours un plafond de verre pour les femmes", a conclu Andrea Correa, évoquant notamment les longues heures de travail exigées aux plus hauts niveaux. Elle a également cité les responsabilités familiales comme un "frein persistant" à la promotion professionnelle.
(Rédigé par Marc Jones, version française Elena Smirnova, édité par Blandine Hénault)

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